Legislator Giurisprudenza & Legislazione
BGE 135 III 551 Generato dall'IA

Bank v. Debtor (Premature Enforcement Following Foreign Attachment)

Numero d'incarto BGE 135 III 551
Autorità giudiziaria
Giurisdizione Svizzera · Tribunale federale (TF / DTF) (CH)
Esito del giudizio Accolto (Allowed)

Sintesi Legislator

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The case involves a bank (the Bank) seeking to recover funds from an individual (Y) who allegedly engaged in criminal activities between 1997 and 2005. The Bank claimed a debt from Y, and the Civil Tribunal of Lodi, Italy, ordered the seizure of Y's assets, prompting the Bank to initiate legal proceedings in Italy in February 2007. Following this, in November 2007, the Geneva Court of First Instance ordered the seizure of Y's assets in Geneva. The Bank subsequently requested the continuation of proceedings in June 2008 to validate the asset seizure pending the outcome of the Italian judgment. The Geneva authorities initially refused to proceed, arguing the request was premature as the foreign judgment had not yet been rendered. The Bank lodged a complaint against this refusal, which was partially upheld, leading to further communication requirements between the involved parties. The Federal Tribunal eventually agreed with the Bank's appeal to proceed with the enforcement action.

Regesto Legislator

Ufficiale

Regeste Art. 98 BGG und Art. 279 Abs. 4 SchKG; Arrestprosequierung. Zulässige Rügen (E. 1.2). Der Arrestgläubiger, welcher die Anerkennungsklage ohne vorgängige Betreibung eingeleitet hat, ist befugt, die Betreibung vor der Mitteilung des Urteils einzuleiten (E. 2).

Parole chiave

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esecuzione per debiti banca emittente credito nel fallimento termine di pagamento procedura di sequestro spese bancarie

Disposizioni normative citate

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Art. 98 BGG
Cited in the reasoning to clarify that the decision under review was not an interlocutory decision regarding the seizure itself, thus allowing for a full appeal review.
Art. 279 Abs. 4 SchKG
The Tribunal used this provision to determine the correct validation procedure when an action in recognition of debt was initiated prior to the seizure.
Art. 279 al. 4 LP
Le 11 juin suivant, l'Office a informé l'avocat de la Banque que, aussi longtemps qu'une action au fond est en cours, celle-ci vaut validation du séquestre, et l'a invité à lui transmettre le jugement étranger afin de vérifier le respect du délai de 10 jours de l' art. 279 al. 4 LP .
Art. 276 al. 2 LP
Le 28 novembre 2008, la Banque a déposé plainte contre le refus de donner suite à sa réquisition de poursuite; en outre, elle a dénoncé un retard injustifié de l'Office, le procès-verbal de séquestre n'ayant pas encore été notifié au débiteur conformément à l' art. 276 al. 2 LP .
Art. 68 LP
Art. 98 LTF
1.2 La décision contestée - rejet d'une réquisition de poursuite tendant à valider un séquestre - n'a pas pour objet une mesure provisionnelle au sens de l' art. 98 LTF , c'est-à-dire le séquestre lui-même ( ATF 133 III 589 consid.
Art. 106 al. 2 LTF
Les moyens de la recourante ne sont donc pas restreints à la violation de ses droits constitutionnels, avec les exigences de motivation qui s'y rapportent ( art. 106 al. 2 LTF ; cf.
Art. 279 LP
2.3 A teneur de l' art. 279 LP , le créancier qui a fait opérer un séquestre sans poursuite ou action préalable doit requérir la poursuite ou intenter action dans les dix jours à compter de la réception du procès-verbal (al.

Giurisprudenza citata

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Questioni giuridiche chiave estratte da Legislator

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Art. 98 BGG

Cited in the reasoning to clarify that the decision under review was not an interlocutory decision regarding the seizure itself, thus allowing for a full appeal review.

Art. 279 Abs. 4 SchKG

The Tribunal used this provision to determine the correct validation procedure when an action in recognition of debt was initiated prior to the seizure.

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Sentenze successive che citano questa decisione (33)

5A_1011/2025 (2026-03-16)
Debt enforcement against a foreign state, territorial jurisdiction, diplomatic missions as establishments, and the requirement of executed attachment.
«…n de poursuite - admissible selon la jurisprudence aux fins de ne pas manquer les délais stricts de l'art. 279 LP ([ATF 135 III 551](https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&type=show_document&page=1&from_date=&to_d…»
5A_196/2025 (2025-09-01)
«…issance de dette sans poursuite préalable est en droit de requérir la poursuite avant la notification du jugement ([ATF 135 III 551](https://search.bger.ch/ext/eurospider/live/de/php/aza/http/index.php?lang=de&type=show_document&page=1&from_date=&to_d…»
5A_666/2023 (2024-01-25)
«…stre. Elle est en effet en tous points justifiée. Elle participe à la célérité imposée au créancier en la matière ( ATF 135 III 551 consid. 2.3). En outre, comme l'avait relevé le Tribunal fédéral dans l'arrêt précité en se fondant sur l' ATF 143 III…»
5A_755/2022 (2023-02-20)
«…isse être désintéressé sur ces mêmes biens s'il parvient à démontrer son droit, auquel cas il deviendra définitif ( ATF 135 III 551 consid. 2.3; STOFFEL/CHABLOZ, Voies d'exécution, 3e éd., 2016, §8 n° 2). Il est autorisé lorsque le requérant rend vra…»
5A_756/2022 (2023-02-20)
«…isse être désintéressé sur ces mêmes biens s'il parvient à démontrer son droit, auquel cas il deviendra définitif ( ATF 135 III 551 consid. 2.3; STOFFEL/CHABLOZ, Voies d'exécution, 3e éd., 2016, §8 n° 2). Il est autorisé lorsque le requérant rend vra…»
35----------- (2022-12-30) · vd
Appellate Review of Seizure Notices Validity in Debt Enforcement Proceedings
«…suite en cours et lever formellement l'opposition à celle-ci, s'agissant d'une action au fond introduite en Suisse (ATF 135 III 551 consid. 2.3 p. 355 et l'arrêt cité).» B. Il découle de ce qui précède que la procédure e…»
A/543/2022 (2022-10-20) · ge
Creditor Appeal Against Non-Disclosure of Enforcement Proceedings
«…étatiques suisses sont compétentes pour lever définitivement l'opposition à la poursuite (ATF 136 III 583 consid. 2.1; 135 III 551 consid. 2.3). Le prononcé d'un tribunal étranger est purement condamnatoire et le poursuivant devra demander par la sui…»
5A_559/2020 (2021-04-19)
«…gen Schritte einzuleiten, zumal dem Schuldner dadurch kein Nachteil erwächst (E. 2.2.2; vgl. BGE 146 III 157 E. 8.1; 135 III 551 E. 2.3). Damit spielt es vorliegend keine Rolle, dass die Beschwerdegegner bezüglich der vier Arreste die Betreibung a…»
ADM 2020 48 (2020-11-30) · ju
Hospital's Admission Agreement and Debt Enforcement for Room Costs
«…position, totalement ou à concurrence d’un montant déterminé (ABBET/VEUILLET, op. cit., no 8 ad art. 79 LP ; ATF 135 III 551 consid. 2.3 ; 107 III 60 consid. 3). 6 3.4. En résumé, il convient d…»
PS200118 (2020-06-19) · zh
Tax Attachment Prosecution Timeliness Dispute
«…nhebung einer Betreibung nach Ablauf der 10-tägigen Frist nach Eröffnung des Urteils verbietet (dazu insbeson- dere BGE 135 III 551 (Pra 99 (2010) Nr. 54) E. 2.3; BGer 5A_490/2009 13. November 2009, E. 4.1). Die Rüge des Beschwerdeführers wonach die B…»
5A_311/2018 (2020-01-07)
«…o straniero (combinati art. 279 cpv. 2 e 4 LEF ; sentenza 5A_490/2009 del 13 novembre 2009 consid. 4 con rinvio a DTF 135 III 551 consid. 2.3; Amonn/Walther, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 9aed. 2013, § 51 n. 93; Jolanta Kren K…»
BGE 146 III 157
«…o straniero (combinati art. 279 cpv. 2 e 4 LEF ; sentenza 5A_490/2009 del 13 novembre 2009 consid. 4 con rinvio a DTF 135 III 551 consid. 2.3; AMONN/WALTHER, Grundriss des Schuldbetreibungs- und Konkursrechts, 9 a ed. 2013, § 51 n. 93; JOLANTA KRE…»
5A_928/2018 (2019-04-12)
«…isse être désintéressé sur ces mêmes biens s'il parvient à démontrer son droit, auquel cas il deviendra définitif ( ATF 135 III 551 consid. 2.3; STOFFEL/CHABLOZ, Voies d'exécution, 3 ème éd., 2016, § 8 n° 2). Il est autorisé lorsque le requérant ren…»
5A_930/2017 (2018-10-17)
«…n matière civile peut donc être formé pour violation du droit, tel qu'il est délimité par les art. 95 et 96 LTF ( ATF 135 III 551 consid. 1.2; arrêts arrêt 5A_673/2015 du 16 décembre 2015 consid. 2; 5A_411/2015 du 18 août 2015 consid. 2 et les réfé…»
C3 18 61 (2018-06-05) · vs
Appeal Regarding Cancellation of Property Attachment Due to Disputed Debt Quantum
«…n und ist blosse vorsorgliche Mass- nahme (Bundesgerichtsurteil 5A_306/2010 vom 9. August 2010 E. 4 mit Hinweis auf BGE 135 III 551 E. 2.3). Der Arrestentscheid erwächst nicht in materielle Rechtskraft (BGE 138 III 32 E. 3.2.2). Nach Abweisung oder Au…»

Testo completo

Urteilskopf

135 III 551

79. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit civil dans la cause Banque X. contre Office des poursuites de Genève (recours en matière civile)

5A_197/2009 du 26 juin 2009

Regeste

Art. 98 BGG und Art. 279 Abs. 4 SchKG ; Arrestprosequierung.

Zulässige Rügen (E. 1.2).

Der Arrestgläubiger, welcher die Anerkennungsklage ohne vorgängige Betreibung eingeleitet hat, ist befugt, die Betreibung vor der Mitteilung des Urteils einzuleiten (E. 2).

Sachverhalt ab Seite 551

BGE 135 III 551 S. 551

A. A.a La Banque X. (ci-après: la Banque) prétend être créancière de Y. en raison d'agissements pénaux commis par celui-ci entre 1997 et 2005; elle ajoute que le Tribunal civil de Lodi (Italie) a ordonné le séquestre des biens de son débiteur et qu'elle a déposé une action au fond en Italie le 15 février 2007.

A.b Donnant suite le 13 novembre 2007 à la réquisition de la Banque, le Tribunal de première instance de Genève a ordonné le séquestre de tous avoirs au nom du prénommé, ou dont il est l'ayant droit économique, à hauteur de 173'105'779 fr. 90 auprès de la Banque Z. à Genève. Cette ordonnance a été transmise à l'Office des

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poursuites de Genève (ci-après: l'Office), qui l'a immédiatement exécutée (sous n° x); le procès-verbal de séquestre a été communiqué à la créancière le 18 décembre suivant.

A.c Le 5 juin 2008, la Banque a déposé une réquisition de poursuite, en indiquant sous la rubrique "Autres observations": "Réquisition de poursuite ensuite du séquestre n° x du 13 novembre 2007, en vue de l'exequatur du jugement italien qui sera rendu à l'encontre de M. Y.".

Le 11 juin suivant, l'Office a informé l'avocat de la Banque que, aussi longtemps qu'une action au fond est en cours, celle-ci vaut validation du séquestre, et l'a invité à lui transmettre le jugement étranger afin de vérifier le respect du délai de 10 jours de l' art. 279 al. 4 LP . Le 23 juin 2008, l'avocat a répondu que la procédure était toujours pendante en Italie, indiquant que sa réquisition du 5 juin 2008 était destinée à être notifiée en Italie au débiteur avec les autres actes relatifs au séquestre; il a précisé que, en cas d'opposition au commandement de payer, la mainlevée de l'opposition serait requise simultanément à l'exequatur du jugement italien.

Par décision du 18 novembre 2008, l'Office a refusé de donner suite à la réquisition de poursuite parce qu'elle était prématurée et devait être présentée dans les dix jours à compter de la notification du jugement italien; il a maintenu sa position le 25 novembre 2008.

B. Le 28 novembre 2008, la Banque a déposé plainte contre le refus de donner suite à sa réquisition de poursuite; en outre, elle a dénoncé un retard injustifié de l'Office, le procès-verbal de séquestre n'ayant pas encore été notifié au débiteur conformément à l' art. 276 al. 2 LP .

Statuant le 12 mars 2009, la Commission de surveillance des offices des poursuites et des faillites du canton de Genève a partiellement admis la plainte, en ce sens qu'elle a ordonné à l'Office de procéder sans délai à la communication du procès-verbal de séquestre au domicile du débiteur en Italie, dès que la créancière aura effectué l'avance de frais arrêtée par l'Office en vertu de l' art. 68 LP ou que son mandataire se sera porté fort de ces frais; en revanche, elle a confirmé le refus de l'Office de donner suite à la réquisition de poursuite.

C. Le Tribunal fédéral a admis le recours de la Banque et invité l'Office à donner suite à la réquisition de poursuite.

(résumé)

Erwägungen

BGE 135 III 551 S. 553

Extrait des considérants:

1.

1.2 La décision contestée - rejet d'une réquisition de poursuite tendant à valider un séquestre - n'a pas pour objet une mesure provisionnelle au sens de l' art. 98 LTF , c'est-à-dire le séquestre lui-même ( ATF 133 III 589 consid. 1 p. 590/591) ou son exécution (BRACONI, Le recours en matière de poursuite pour dettes selon la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral: compendium des premiers cas d'application, JdT 2009 II p. 78 ss, 88 ch. 3 et les arrêts [non publiés] cités), mais le refus de l'office de procéder à un acte matériel (PHILIPPIN, La nouvelle loi sur le Tribunal fédéral: effets sur le droit des poursuites et faillites, in Le droit du bail et le droit des poursuites et des faillites - La loi sur le Tribunal fédéral, 2007, p. 130 ss, 139). Les moyens de la recourante ne sont donc pas restreints à la violation de ses droits constitutionnels, avec les exigences de motivation qui s'y rapportent ( art. 106 al. 2 LTF ; cf. à ce sujet: ATF 135 III 232 consid. 1.2 p. 234 et les arrêts cités).

2.

2.1 L'autorité cantonale de surveillance est partie du principe que, pour qu'un "délai commence à courir, il faut qu'il y ait communication d'un acte de poursuite au sens large, dès sa réception effective, fictive ou présumée"; a contrario, si - comme en l'espèce - le délai ne court pas, parce que le procès est toujours pendant, la "réquisition de poursuite doit être considérée comme prématurée, avant qu'un jugement ne soit rendu dans la procédure au fond en Italie".

2.2 Dans ses déterminations en instance fédérale, l'Office expose, en substance, qu'il n'est pas possible de modifier la "chronologie" prévue par l' art. 279 LP : si le séquestre est ordonné avant le dépôt de l'action au fond, le créancier doit respecter la procédure et les délais des alienas 1 à 3; si l'action est déjà introduite, il doit se conformer à la procédure et au délai de l'alinea 4; une combinaison des deux modes de validation est exclue, même sous prétexte d'accélérer la perfection du séquestre. En l'occurrence, la recourante a déclaré, après l'obtention du séquestre, qu'une action en justice était pendante en Italie; elle s'est donc placée implicitement dans l'hypothèse réglée par l' art. 279 al. 4 LP , ce qu'elle a confirmé en déposant une réquisition de poursuite le 5 juin 2008. Or, en formant une réquisition de poursuite alors même que, de son propre aveu, le jugement étranger n'avait pas encore été rendu, l'intéressée

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entendait recourir à un mode de validation non envisagé par la loi et qui, s'il était consacré, aboutirait à faire fi de la vérification du délai de validation de dix jours. Le délai n'ayant ainsi pas commencé à courir, la réquisition de poursuite était prématurée, en sorte qu'elle devait être rejetée.

2.3 A teneur de l' art. 279 LP , le créancier qui a fait opérer un séquestre sans poursuite ou action préalable doit requérir la poursuite ou intenter action dans les dix jours à compter de la réception du procès-verbal (al. 1); s'il a intenté l'action en reconnaissance de dette sans poursuite préalable, il doit requérir la poursuite dans les dix jours à compter de la notification du jugement (al. 4). Seule cette dernière situation entre en ligne de compte dans le cas présent.

En tant que mesure conservatoire destinée à éviter que le débiteur ne dispose de ses biens pour les soustraire à l'action future de son créancier (cf. ATF 116 III 111 consid. 3a p. 115/116), le séquestre doit être rapidement validé, d'où les brefs délais institués à cette fin (FF 1991 III 200/201 ch. 208.7; ATF 129 III 599 consid. 2.3 p. 603). Toutefois, l' art. 279 LP se limite à fixer les termes jusqu'auxquels le créancier doit accomplir les actes propres à prévenir la caducité de sa sûreté ( art. 280 ch. 1 LP ). Le séquestrant peut dès lors requérir une poursuite immédiatement après l'autorisation de séquestre, alors même que la loi lui prescrit de le faire "dans les dix jours à compter de la réception du procès-verbal" ( art. 279 al. 1 LP ; BONNARD, Le séquestre, thèse Lausanne 1914, p. 251). Il peut aussi ouvrir action en reconnaissance de dette simultanément à l'introduction de la poursuite, à savoir avant l'expiration du délai pour former opposition ( art. 279 al. 2 LP ; arrêt de l'Obergericht du canton de Zurich du 8 novembre 1922, in ZR 22/1923 n° 159; JAEGER/DAENIKER, Schuldbetreibungs- und Konkurs-Praxis der Jahre 1911-1945, 1947, vol. I, n° 11 ad art. 278 ancien LP; ARDINAY, Die Arrestprosequierung nach schweizerischem Recht, 1954, p. 59). Le Tribunal fédéral a d'ailleurs admis, de façon générale, que l'action en reconnaissance de dette de l' art. 79 LP pouvait être introduite "déjà concurremment avec le commandement de payer" ( ATF 113 III 120 consid. 3 p. 122 et l'auteur cité); or, l'action en validation de séquestre n'est rien d'autre que ladite action (GILLIÉRON, Poursuite pour dettes, faillite et concordat, 4 e éd., 2005, n° 2836).

Il découle des principes qui précèdent que l' art. 279 al. 4 LP proscrit uniquement l'introduction d'une poursuite après l'expiration d'un

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délai de dix jours à compter de la notification du jugement, en l'occurrence étranger (cf. GILLIÉRON, Commentaire de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, vol. IV, 2003, n° 53 ad art. 279 LP ["au plus tard"]); mais le créancier peut néanmoins engager une poursuite sans attendre la communication de cette décision (implicitement, dans ce sens: MEIER-DIETERLE, Formelles Arrestrecht - eine Checkliste, AJP 2002 p. 1224 ss, 1230 n. 65). Dans un ancien arrêt, le Tribunal fédéral a jugé que la seule obligation imposée au créancier est le dépôt d'une réquisition de poursuite dans les dix jours dès la communication du jugement au fond; partant de ce constat, il n'a pas remis en cause la validation d'un séquestre (exécuté après l'introduction de l'action en reconnaissance de dette) par une poursuite ouverte le 29 avril 1908 , tandis que le jugement au fond avait été rendu le 24 avril 1909 ; à ce propos, il a observé que les créanciers avaient agi "beaucoup plus tôt qu'ils n'étaient obligés de le faire" ( ATF 35 I 827 consid. 2 p. 830). Un tel procédé apparaît non seulement compatible avec la célérité exigée en matière de validation, mais il n'entraîne de surcroît aucun préjudice pour le débiteur; comme le souligne la recourante, celui-ci conserve en toute hypothèse la possibilité de former opposition au commandement de payer.

L'arrêt mentionné plus haut affirme que le créancier n'a pas à requérir la mainlevée de l'opposition dans les dix jours de la communication du jugement, car "le jugement qui prononce l'existence de la dette constitue [...] une main-levée de l'opposition" (consid. 1 in fine et consid. 2 in fine p. 830). Pareille solution ne peut cependant plus être maintenue au regard de la jurisprudence selon laquelle le créancier n'est habilité à requérir la continuation de la poursuite sans passer par la procédure de mainlevée que si le dispositif du jugement se réfère avec précision à la poursuite en cours et lève formellement l'opposition, totalement ou à concurrence d'un montant déterminé (voir notamment: ATF 107 III 60 consid. 3 p. 64 ss). Conformément à l' art. 279 al. 2 LP , si le débiteur a formé opposition, le créancier doit requérir la mainlevée de celle-ci ou introduire l'action en reconnaissance de la dette dans les dix jours à compter de la date à laquelle l'opposition lui a été communiquée; pour maintenir le séquestre en force, le créancier est alors tenu de requérir au surplus la mainlevée définitive dans l'action en reconnaissance de dette (MEIER-DIETERLE, op. cit.), chef de conclusions qui est

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admissible sous l'angle de l' art. 79 al. 1 LP ( ATF 128 III 39 consid. 2 p. 41 et les références). Certes, cette solution n'est pas valable lorsque l'action en reconnaissance de la dette est - comme ici - pendante à l'étranger, puisque le juge suisse est exclusivement compétent pour prononcer la mainlevée définitive (notamment: LEUCH/MARBACH/KELLERHALS/STERCHI, Die Zivilprozessordnung für den Kanton Bern, 5 e éd., 2000, n° 5b/bb et 5c/cc ad art. 32 ZPO); dans cette hypothèse, il incombe au créancier de requérir celle-ci (cf. art. 81 al. 3 LP ) dans les dix jours à partir de la communication de la décision étrangère, par application combinée des al. 2 et 4 de l' art. 279 LP .