# JTDP/378/2022 — Former Employee Convicted of Attempted Extortion, Blackmail, and Slander Over Data Threats

**Geschäftsnummer:** JTDP/378/2022
**Citation:** TP GE JTDP/378/2022
**Gericht / Behörde:** Tribunal pénal
**Entscheiddatum:** 2022-04-06
**Ausgang:** Gutgeheissen (Allowed)
**Kostenauflage:** zulasten Beschwerdeführer/in
**Canonical Legislator URL:** https://docs.legislator.ch/de/sources/court-decision/ch-ge/GE_TP_001_P-7252-2019_2022-04-06/former-employee-convicted-of-attempted-extortion-blackmail-and-slander-over-data-threats
**Official Source URL:** https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/jtp/show/2962371?doc=
**Entscheidsuche Mirror:** https://entscheidsuche.ch/docs/GE_Gerichte/GE_TP_001_P-7252-2019_2022-04-06.pdf

## Zusammenfassung (Sachverhalt & Erwägungen)

The defendant, a former employee, was found guilty of attempted extortion and blackmail for threatening to disseminate confidential client and salary data to secure an unjustified financial payout upon termination, and of slander for sending disparaging correspondence containing such confidential data to a major client, causing the client to terminate their mandate. The court reasoned that the defendant's actions, including demanding 150,000 CHF backed by a detailed threat to ruin the company's reputation and providing fabricated sales contracts as a cover for payment, clearly constituted attempted extortion and blackmail, and the sending of a defamatory letter with stolen data, which led to a significant client loss, proved the slander charge; consequently, the defendant was sentenced to eight months imprisonment, suspended for three years, ordered to pay procedural costs to the complainant, and the civil claims were referred to civil proceedings due to insufficient substantiation.

## Leitsatz / Regeste

art. 156 al. 1 cum 22 CP; art. 174 al. 1 et 2 CP; art. 40 CP; art. 42 et 44 CP — art. 156 al. 1 cum 22 CP: The defendant was found guilty of attempted extortion and blackmail based on this provision. art. 174 al. 1 et 2 CP: The defendant was found guilty of slander based on this provision. art. 40 CP: This article was cited in the dispositive for determining the principal prison sentence.

## Rechtsfragen & angewandte Gesetzesbestimmungen

### 1. art. 156 al. 1 cum 22 CP

The defendant was found guilty of attempted extortion and blackmail based on this provision.

### 2. art. 174 al. 1 et 2 CP

The defendant was found guilty of slander based on this provision.

### 3. art. 40 CP

This article was cited in the dispositive for determining the principal prison sentence.

### 4. art. 42 et 44 CP

These articles were cited in the dispositive for granting the suspension of the sentence (sursis) and setting the probation period.

### 5. art. 44 al. 3 CP

This article was cited in the dispositive to warn the defendant about the potential revocation of the suspension if new offenses are committed.

### 6. art. 126 al. 2 CPP

The aggrieved party was referred to civil proceedings based on this provision.

### 7. art. 69 CP

The court ordered the confiscation and destruction of certain seized items based on this provision.

### 8. art. 267 al. 1 et 3 CPP

The court ordered the restitution of seized items to the defendant based on this provision.

### 9. art. 429 CPP

The defendant's claims for compensation were rejected based on this provision.

### 10. art. 433 al. 1 CPP

The defendant was ordered to pay the complainant a fair compensation for mandatory procedural expenses based on this provision.

### 11. art. 426 al. 1 CPP

The defendant was ordered to pay the procedural costs based on this provision.

### 12. art. 81 al. 4 let. f CPP

The court ordered the communication of the judgment to specific authorities based on this provision.

### 13. art. 82 al. 2 CPP

This procedural article was cited in relation to the announcement of appeal and the potential tripling of the judgment fee.

## Volltext des Entscheids

P/7252/2019

### [JTDP/378/2022](/apps/decis/fr/jtp/show/2962371) du 06.04.2022 ( PENAL ) , JUGE

**Normes** :
CP.156

[![Pdf](data:image/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAACAAAAAgCAMAAABEpIrGAAABBVBMVEUAAAA9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKE9iKGaDsL5AAAAVnRSTlMAAQIDBAYICgsOExQVFxobHB0eIyotLjAyMzc5PD0/QEVJS01UVlddXmdwcXV5foWGjJSYmp2eoKOlqrCytLW3ubq8wMPKzM7T1eDi5Obp6+3x8/f5/ROqjl4AAAD9SURBVDjLfdNpUwIxDAbgtLsVPJBDRRGUywN1QRRELgXlFJQVkfz/nyLdkaFDS95vmTydzjQpAFzgetwcAyU/qKfJFYAoVL+oYyN84RQQ/hG2OAVgIdoWBaR4tyggRYdTQIobHdhevSdkYjjVQMQ9B5isnkOsg3QhCXAyIUD/1PCCCojiEQ22MUQDhgEahPCWBk5ttkUBa7Z7XaVA9hVYvcg2AvZ1AMC7g/hZOhEwgUzTOnSGn5U+ug+VKx3Y38Pn1I5cgv38xziqgeBjWd1U7Yq7xq8PCFBw3jJAgHCv+AQUOJ6XOAlAbxtnYQamv/kf2wOXG/v3yyEKc7zzfy61YB0tdylvAAAAAElFTkSuQmCC)](/apps/decis/fr/jtp/file//2022/0003/JTDP_000378_2022_P_7252_2019.pdf)

[En fait](#EF)  
[En droit](#ED)  
[Par ces motifs](#PCM)

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| RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE |
| POUVOIR JUDICIAIRE | | |
| JUGEMENT  DU Tribunal de police  6 avril 2022 | | |
| Chambre 9 | | |
| MINISTÈRE PUBLIC  A\_\_\_\_\_\_ SA (SWITZERLAND), partie plaignante, assisté de Me B\_\_\_\_\_\_\_  contre  X\_\_\_\_\_\_, né le \_\_\_\_\_\_ 1984, domicilié \_\_\_\_\_\_, prévenu, assisté de Me Loïc PAREIN | | |

  

CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES :

**Le Ministère public** conclut à un verdict de culpabilité de X\_\_\_\_\_\_ du chef de tentative d'extorsion et chantage (art. 156 al. 1 *cum* 22 CP), de calomnie (art. 174 al. 1 et 2 CP), subsidiairement de diffamation(art. 173 al. 1 et 3 CP), à ce qu'il soit condamné à une peine privative de liberté de 12 mois, sous déduction de la détention subie avant jugement, à ce qu'il soit mis au bénéfice du sursis avec un délai d'épreuve de 3 ans, à ce qu'il soit donné suite aux mesures de confiscation et de restitution figurant dans l'acte d'accusation et à sa condamnation aux frais de la procédure.

**A\_\_\_\_\_\_ S.A. (SWITZERLAND),** par la voix de son Conseil, conclut à un verdict de culpabilité de X\_\_\_\_\_\_ pour l'intégralité des faits mentionnés dans l'acte d'accusation du Ministère public et persiste dans ses conclusions civiles.

**X\_\_\_\_\_\_**, par la voix de son Conseil, conclut à son acquittement de tous les faits mentionnés dans l'acte d'accusation, au rejet des conclusions civiles de la partie plaignante et persiste dans ses conclusions en indemnisation.

EN FAIT

A.a. Par acte d'accusation du 8 juin 2021, il est reproché à X\_\_\_\_\_\_ d'avoir:

-          à tout le moins entre 2017 et mars 2019, alors qu'il travaillait au sein d'A\_\_\_\_\_\_ SA (SWITZERLAND) (ci-après: A\_\_\_\_\_\_), en qualité de *"junior portfolio officier and management assistant"* depuis le 1er novembre 2013, accéder sans droit au server d'A\_\_\_\_\_\_, dont l'accès ne lui était pas autorisé et était protégé par un mot de passe, afin de soustraire divers documents strictement confidentiels et qui ne lui étaient pas destinés, notamment la totalité des fichiers clients d'A\_\_\_\_\_\_ et les certificats de salaire de l'ensemble des employés, lesquels étaient enregistrés sur le serveur protégé d'A\_\_\_\_\_\_. X\_\_\_\_\_\_ a agi de la sorte dans le but d'utiliser ultérieurement les documents et informations confidentiels comme moyen de pression afin d'obtenir le versement d'un bonus ou d'une indemnité non justifiés suite à son éventuel licenciement;

-          le 29 mars 2019, lors d'un entretien dans les locaux d'A\_\_\_\_\_\_, sis \_\_\_\_\_\_, Genève, après que C\_\_\_\_\_\_, directeur d'A\_\_\_\_\_\_, lui avait signifié son licenciement et l'avait libéré de son obligation de travailler et face au refus de ce dernier de lui verser une indemnité de départ de CHF 250'000.-, montré à ce dernier certains documents confidentiels qu'il avait préalablement soustraits, tels que le certificat de salaire de C\_\_\_\_\_\_ ainsi que les attestations de salaire de l'ensemble des employés pour l'année 2018, et exigé de rencontrer AD\_\_\_\_\_\_, actionnaire et administrateur d'A\_\_\_\_\_\_ pour discuter de l'indemnité de départ qu'il exigeait;

-          le 9 avril 2019, lors de l'entrevue avec AD\_\_\_\_\_\_, menacé de dévoiler des informations confidentielles et sensibles, ainsi que de propager des accusations pouvant nuire à la réputation d'A\_\_\_\_\_\_ et à la poursuite de son activité, si la somme de CHF 150'000.- ne lui était pas versée, produisant pour cela une note décrivant les actions qu'il entendait mener faute de paiement, notamment adresser des courriers anonymes à la totalité des clients d'A\_\_\_\_\_\_ pour les informer de l'incompétence de celle-ci (point 1), transmettre les données clients aux autorités fiscales belges, néerlandaises et espagnoles (point 5), alerter la société intéressée à fusionner avec A\_\_\_\_\_\_ du risque "réputationnel" de cette dernière (point 6), contacter tous les anciens clients d'A\_\_\_\_\_\_ pour les inviter à exiger le remboursement de rétro commissions sur les 10 dernières années (point 7) et divulguer toutes les données confidentielles des clients sur internet (point 10). La conclusion de cette note était *"Shutdown – estimated time 6 – 12 monts"*, soit qu'A\_\_\_\_\_\_ se trouve dans une situation de faillite dans un délai de 6 à 12 mois en raison de ces actions; et

-          le 9 avril 2019, lors de l'entrevue avec AD\_\_\_\_\_\_, remis à ce dernier 3 contrats de vente simulant la vente de 3 montres et exigé la signature de ces contrats, afin qu'il puisse faussement justifier le versement des CHF 150'000.-, étant précisé qu'il avait fixé un ultimatum à AD\_\_\_\_\_\_ au 16 avril 2019 pour le paiement de cette somme,

faits constitutifs de tentative d'extorsion et de chantage au sens de l'art. 156 al. 1 *cum* art. 22 CP.

b. Il est également reproché à X\_\_\_\_\_\_ d'avoir, le 29 avril 2019, alors qu'il avait été licencié et libéré de son obligation de travailler le jour-même, adressé un courrier à E\_\_\_\_\_\_, client d'A\_\_\_\_\_\_, sur papier à entête de ladite société, dans lequel il dénigrait les compétences des dirigeants de cette société ainsi que la qualité des services fournis et son éthique professionnelle, ledit courrier étant accompagné de documents confidentiels d'A\_\_\_\_\_\_, alors qu'il connaissait la fausseté de ses allégations. Suite à la réception de ce courrier, E\_\_\_\_\_\_ a décidé de mettre un terme au mandat conclu avec A\_\_\_\_\_\_, le départ de ce client représentant une perte de CHF 133'000.- d'honoraires annuels, faits constitutifs de calomnie au sens de l'art. 174 al. 1 et 2 CP.

B. Il ressort de la procédure les éléments pertinents suivants:

a.a.        Par pli du 2 avril 2019, A\_\_\_\_\_\_, société active dans l'administration de fonds et de titres et exécution de toutes transactions sur valeurs mobilières et sur métaux précieux, a déposé plainte pénale contre X\_\_\_\_\_\_.

Le 29 mars 2019, C\_\_\_\_\_\_, directeur de la société, avait annoncé à X\_\_\_\_\_\_, employé depuis novembre 2013 en qualité de *"Junior Portofolio Officer and Management Assistant"* et dont le salaire brut annuel s'élevait en 2019 à CHF 110'000.-, la résiliation de son contrat de travail et l'avait libéré immédiatement de son obligation de travailler.

Lors de cet entretien, X\_\_\_\_\_\_ avait fait valoir une prétention à un bonus de CHF 250'000.- et produit le certificat de salaire de 2018 du directeur ainsi que les attestations de salaires de l'année 2018 de l'ensemble des employés de la société. Ces documents, strictement confidentiels, stockés sur le serveur de l'entreprise et protégés par un mot de passe, n'étaient accessibles qu'à C\_\_\_\_\_\_ et F\_\_\_\_\_\_, *"Compliance Officer"*. Après le refus de lui verser un bonus, X\_\_\_\_\_\_ avait rétorqué qu'il savait qu'au moins deux collègues avaient touché un bonus en 2018 d'un montant de CHF 5'000.-. Ces informations étaient également confidentielles et accessibles uniquement sur le serveur à l'aide d'un mot de passe. X\_\_\_\_\_\_ avait affirmé à C\_\_\_\_\_\_ s'attendre à ce licenciement depuis deux ans et avoir copié, depuis lors, tous les documents de la société sur un support périphérique externe, tels que les fichiers clients. Il lui avait montré des captures d'écran listant un grand nombre de documents importants confidentiels. X\_\_\_\_\_\_ avait exigé de s'entretenir avec AD\_\_\_\_\_\_, membre du Conseil d'administration et actionnaire d'A\_\_\_\_\_\_, s'agissant d'une éventuelle indemnité de départ, et avait refusé de signer la lettre de licenciement.

Pendant qu'il procédait au rassemblement de ses affaires personnelles sous la surveillance de C\_\_\_\_\_\_, X\_\_\_\_\_\_ lui avait affirmé qu'il n'avait pas besoin de le surveiller puisqu'il avait déjà tout préparé et copié tous les documents d'A\_\_\_\_\_\_ dont il avait besoin.

Lors de l'enquête interne qui avait suivi, un employé d'A\_\_\_\_\_\_ avait déclaré avoir vu X\_\_\_\_\_\_ télécharger des documents sur une clé USB personnelle et imprimer, plus qu'à l'ordinaire, de nombreux documents. Un classeur de documents concernant les avoirs de prévoyance et les salaires des cadres supérieurs de la société avait été retrouvé dans l'armoire de X\_\_\_\_\_\_.

Le 1er avril 2019, X\_\_\_\_\_\_ avait adressé un courriel hautement injurieux à AD\_\_\_\_\_\_, administrateur et actionnaire de la société, l'informant de sa démission avec effet immédiat. Il avait utilisé l'adresse électronique, "G\_\_\_\_\_\_@A\_\_\_\_\_\_.one", créée par ses soins, utilisant abusivement le nom de la société. Il avait également utilisé sa signature professionnelle, alors que son adresse électronique professionnelle avait été désactivée le 29 mars 2019.

a.b. A l'appui de sa plainte, A\_\_\_\_\_\_ a produit plusieurs documents, notamment le contrat de travail conclu entre X\_\_\_\_\_\_ et H\_\_\_\_\_\_, un courrier de licenciement daté 29 mars 2019, non signé par X\_\_\_\_\_\_, une conversation SMS entre X\_\_\_\_\_\_ et AD\_\_\_\_\_\_ ainsi qu'un courriel de démission envoyé par X\_\_\_\_\_\_ le 1er avril 2019. Ces documents corroborent les faits tels que narrés dans la plainte pénale d'A\_\_\_\_\_\_.

S'agissant du courriel du 1er avril 2019 envoyé par X\_\_\_\_\_\_, ce dernier indiquait vouloir se dissocier des pratiques du groupe auquel il reprochait une approche commerciale active des marchés belge, français et néerlandais, transgressive des règles transfrontalières, et donnant de très belles rétro-commissionsà A\_\_\_\_\_\_. Il laissait entendre que la société pourrait récupérer l'argent déposé sur les "comptes cachés" des anciens fraudeurs fiscaux. Il critiquait la stratégie de gestion de fortune mise en œuvre par la société, que la famille des actionnaires ne suivait pas. Il prétendait que la présentation des performances ne correspondait à rien, que les clients n'étaient pas informés de leur droit de recevoir des rétro-commissions. Il accusait C\_\_\_\_\_\_ d'abus de pouvoir et de malhonnêteté.

a.c.        Par courriers complémentaires, A\_\_\_\_\_\_ a précisé que, dans le courriel adressé le 1er avril 2019 à AD\_\_\_\_\_\_, X\_\_\_\_\_\_ avait joint un registre intégral des clients de l'année 2010 comprenant les noms, adresses, comptes bancaires et les *"client application form"* (soit le formulaire d'inscription du client) de deux clients mentionnant leurs actifs sous gestion.

Une entrevue d'environ 10 minutes avait eu lieu le 9 avril 2019 à Genève entre X\_\_\_\_\_\_, AD\_\_\_\_\_\_ et C\_\_\_\_\_\_. X\_\_\_\_\_\_ avait déclaré qu'il était habituel de verser un montant substantiel lors du licenciement d'employés ayant eu accès à des données sensibles et confidentielles "pour qu'ils se taisent" et considérait avoir, ainsi, droit à une indemnité – qu'il avait appelée "parachute doré" – de CHF 150'000.-. Il avait remis à AD\_\_\_\_\_\_ 3 faux contrats de vente de montres de luxe, pour un total de CHF 150'000.-. Ce dernier devait personnellement verser cette somme sur trois comptes bancaires de X\_\_\_\_\_\_, auprès de banques en Suisse, en France et en Grande-Bretagne. Ce dernier avait également remis un courrier (en anglais) décrivant en 10 points les actions qu'il mettrait en œuvre s'il n'était pas payé, avec pour objectifs la faillite de la société dans les 6 à 12 mois (*"Shutdown estimated time 6-12 months"*) soit notamment :

-          l'envoi aux clients de courriers anonymes de mise en garde insistant sur l'incompétence de la société (point 1);

-          l'envoi de données de clients aux autorités fiscales belges, néerlandaises et espagnoles (point 5);

-          l'annonce, à la société voulant fusionner avec A\_\_\_\_\_\_, du risque réputationnel encouru (point 6);

-          l'invitation faite aux anciens clients d'exiger le remboursement des rétro-commissions sur les dix dernières années (point 7); et

-          la divulgation sur internet de toutes les données confidentielles des clients (point 10).

En outre, il traitait, dans cette note, C\_\_\_\_\_\_ de *"nice piece of crap and a professionnal liar"* (soit "un beau bout de merde et un menteur professionnel").

X\_\_\_\_\_\_ avait, en outre, dérobé des enveloppes et du papier à entête de la société, et s'en était servi pour envoyer un courrier, daté du 1er avril 2019, à AD\_\_\_\_\_\_, au bureau de la société à Bruxelles, ainsi qu'une clé USB, renfermant très vraisemblablement quantité d'informations confidentielles, laquelle, par précaution, n'avait pas été ouverte.

Les contrats des montres et le SMS dans lequel X\_\_\_\_\_\_ réclament le paiement des montres ont été versés à la procédure.

b.         Le 11 avril 2019, le Ministère public a ordonné la perquisition du domicile vaudois de X\_\_\_\_\_\_, laquelle a eu lieu le 12 avril 2019 et a permis la découverte, notamment, des enveloppes vierges au nom d'A\_\_\_\_\_\_ SA, 3 contrats de "vente de bien", datés du 9 avril 2019 et non signés par les parties, dans lesquels X\_\_\_\_\_\_ s'engage à vendre 3 montres de luxes à AD\_\_\_\_\_\_, pour les sommes de EUR 50'000.-, EUR 50'000.-, et, respectivement, CHF 50'000.- ainsi que des relevés de la carte bancaire J\_\_\_\_\_\_ au nom de C\_\_\_\_\_\_ pour les mois de janvier et février 2015.

c.        Le 12 avril 2019, entendu par la police, X\_\_\_\_\_\_ a contesté les faits qui lui étaient reprochés.

Depuis le début de l'année 2019, C\_\_\_\_\_\_ et lui avaient eu des discussions concernant son départ de la société et son remplacement par I\_\_\_\_\_\_. Lors de l'entretien du 29 mars 2019, C\_\_\_\_\_\_ lui avait dit qu'AD\_\_\_\_\_\_ et lui-même avaient trouvé une solution pour lui payer une indemnité de départ, laquelle ne pouvait pas passer par la comptabilité de la société genevoise. Il avait exigé une indemnité, non négociable, de CHF 150'000.- que C\_\_\_\_\_\_ avait refusée. Le ton était monté et il avait demandé à s'entretenir avec AD\_\_\_\_\_\_. Il a nié avoir exhibé des documents confidentiels – n'ayant accès qu'aux fichiers clients dont il s'occupait – et n'avait jamais copié tous les documents d'A\_\_\_\_\_\_ au cours des deux dernières années.

Il n'avait pas été licencié durant l'entretien du 29 mars 2019, n'ayant reçu le courrier de licenciement que le 4 avril 2019 alors qu'il avait déjà démissionné par courriel le 1er avril 2019. Il avait de son propre chef déposé les clés de la société quand il était parti le 29 mars 2019.

Il avait créé l'adresse "G\_\_\_\_\_\_@A\_\_\_\_\_\_.one" après avoir constaté, alors qu'il voulait envoyer sa lettre de démission à AD\_\_\_\_\_\_, qu'il n'avait plus accès à sa boîte mail professionnelle. Il avait contacté AD\_\_\_\_\_\_ directement, bien que celui-ci n'avait aucun pouvoir exécutif à Genève, car il l'avait engagé en 2013 et que C\_\_\_\_\_\_ lui avait dit que son départ se règlerait avec lui. S'agissant du contenu de sa lettre, c'était simplement un courrier motivé, il n'avait jamais été insultant avec C\_\_\_\_\_\_ ni menacé son interlocuteur de représailles.

Lors de l'entretien du 9 avril 2019, il avait expliqué à AD\_\_\_\_\_\_ avoir rédigé trois contrats fictifs portant sur l'achat de trois montres de luxe, comme cela avait été "convenu entre C\_\_\_\_\_\_ et lui" pour que la transaction se passe hors des comptes de la société. AD\_\_\_\_\_\_ lui avait répondu que cette manière de procéder lui convenait, qu'il allait regarder les contrats avant de les signer et les lui renvoyer. Il a nié avoir remis une note décrivant les actions qu'il entendait mener si la somme susmentionnée ne lui était pas versée; il s'agissait d'un coup monté de C\_\_\_\_\_\_, lequel ne voudrait pas assumer la perte des CHF 150'000.- qui serait à la charge d'AD\_\_\_\_\_\_, puis déduite de son bonus.

Il a reconnu avoir envoyé un SMS le même jour en impartissant à AD\_\_\_\_\_\_ un délai au 16 avril 2019 pour le paiement des CHF 150'000.- et ce, uniquement dans le but de respecter le délai de 7 jours stipulé dans les contrats, conformément à leurs discussions à ce sujet le 9 avril 2019. Il demandait une indemnité de départ pour "partir en bon terme" et non en échange de quoi que ce soit. En sus, c'était A\_\_\_\_\_\_ qui avait proposé de lui verser cette indemnité.

Il a reconnu avoir des enveloppes d'A\_\_\_\_\_\_ à son domicile car il lui arrivait de travailler depuis chez lui et de devoir envoyer des courriers.

Confronté au relevé de carte J\_\_\_\_\_\_ au nom de C\_\_\_\_\_\_ retrouvé chez lui lors de la perquisition, il a indiqué qu'il avait eu accès à beaucoup de documents de la société dans le cadre de son travail – sauf aux documents des ressources-humaines – car il lui était arrivé de devoir faire de la comptabilité, A\_\_\_\_\_\_ étant une petite société.

d. Le 24 mai 2019, A\_\_\_\_\_\_ a de nouveau déposé une plainte pénale à l'encontre de X\_\_\_\_\_\_. Le 22 mai 2019, E\_\_\_\_\_\_, l'un des plus importants clients d'A\_\_\_\_\_\_, avait informé AD\_\_\_\_\_\_, lors d'un rendez-vous à K\_\_\_\_\_\_\_, avoir reçu de X\_\_\_\_\_\_ un courrier non signé, daté du 29 avril 2019, avec l'entête de la société, dans lequel ce dernier se livrait à une campagne mensongère de dénigrement de la société, des actionnaires, de l'équipe et de l'activité. X\_\_\_\_\_\_ y avait joint des documents bancaires confidentiels du client. E\_\_\_\_\_\_ était scandalisé que ses données confidentielles puissent circuler hors de la sphère d'influence d'A\_\_\_\_\_\_. Il avait accepté qu'AD\_\_\_\_\_\_ prenne des photographies des 3 pages du courrier litigieux, dont une copie se trouve en annexe de la plainte pénale.

e.        Par ordonnance du 13 juin 2019 (\_\_\_\_\_\_), le Tribunal de première instance, statuant sur mesures superprovisionnelles a, sous la menace de l'art. 292 CP, fait interdiction à X\_\_\_\_\_\_ de contacter, de quelque manière que ce soit, la clientèle d'A\_\_\_\_\_\_, de dénigrer cette dernière auprès de quiconque et de quelque manière que ce soit, de faire usage de l'adresse email se terminant par "@A\_\_\_\_\_\_.one" et de toute autre adresse comportant le nom "A\_\_\_\_\_\_", de faire usage de toute enveloppe, papier à en-tête, timbres et autres documents portant le nom de cette société, de s'identifier, auprès de quiconque et de quelque manière que ce soit comme un employé d'A\_\_\_\_\_\_ et lui a ordonné de supprimer la mention "*Portfolio Manager chez A\_\_\_\_\_\_ S.A."* de son profil M\_\_\_\_\_\_.

f. Une audience de confrontation s'est tenue le 19 juin 2019.

f.a. C\_\_\_\_\_\_ a indiqué qu'aucun autre employé n'avait assisté à l'entretien du 29 mars 2019, dont le but était de notifier à X\_\_\_\_\_\_ son licenciement. Il lui avait remis à cette occasion sa lettre de licenciement et lui avait demandé de la signer, ce qu'il avait refusé. X\_\_\_\_\_\_ avait toutefois pris la lettre en partant. F\_\_\_\_\_\_, responsable des ressources-humaines d'A\_\_\_\_\_\_, était au courant de leur intention de licencier X\_\_\_\_\_\_. C'est elle qui avait rédigé ce courrier. C\_\_\_\_\_\_ avait également pris contact avec le responsable informatique, M\_\_\_\_\_\_ pour lui demander de bloquer les accès informatiques de X\_\_\_\_\_\_ le 29 mars 2019. A l'issue de l'entretien, il avait demandé à ce dernier de prendre toutes ses affaires et de quitter les locaux, tout en rendant les clés d'accès. I\_\_\_\_\_\_ et F\_\_\_\_\_\_ étaient présents à ce moment-là. La lettre de licenciement avait ensuite été envoyée par courrier recommandé.

Il n'avait pas évoqué le versement d'une indemnité et ne lui avait jamais conseillé de la réclamer auprès d'AD\_\_\_\_\_\_.

A\_\_\_\_\_\_ avait pris la décision de licencier X\_\_\_\_\_\_ en raison de son attitude. Deux fois par année, ils avaient des entretiens – formalisés par écrit – avec les employés et les problèmes de comportements de X\_\_\_\_\_\_ avaient déjà été soulevés plusieurs fois. En sus, le licenciement était également économique, dès lors qu'A\_\_\_\_\_\_ avait perdu un gros client en début d'année.

Sous le choc des propos tenus lors de l'entretien, C\_\_\_\_\_\_ avait pris des mesures pour que X\_\_\_\_\_\_ ne puisse plus accéder aux locaux, notamment en faisant changer les serrures et le code de l'alarme.

En sus du courriel de démission envoyé par X\_\_\_\_\_\_ le 1er avril 2019, A\_\_\_\_\_\_ avait reçu un courrier de démission.

Lors de l'entretien du 9 avril 2019, X\_\_\_\_\_\_ avait insisté pour parler seul avec AD\_\_\_\_\_\_. Il s'était donc absenté durant environ 5 minutes. AD\_\_\_\_\_\_ lui avait ensuite expliqué que X\_\_\_\_\_\_ avait réclamé une indemnité de CHF 150'000.-, qui pouvait lui être versée personnellement et qu'il lui avait alors remis 3 contrats ainsi qu'une enveloppe contenant la note de ce qu'il comptait entreprendre si le montant précité ne lui était pas versé.

f.b. X\_\_\_\_\_\_ a confirmé ses précédentes déclarations à la police.

Il a mentionné avoir commencé à travailler chez G\_\_\_\_\_\_ en novembre 2013, qui était l'ancien nom d'A\_\_\_\_\_\_. Au début, il était seul à travailler dans le département *"portfolio management"*. Il avait des entretiens avec sa hiérarchie, qui n'étaient pas semestriels, au cours desquels on ne lui avait jamais reproché des problèmes d'attitude.

Il a expliqué que, en janvier 2019, C\_\_\_\_\_\_, qui avait engagé I\_\_\_\_\_\_ au sein du département *"portfolio management"*, lui avait indiqué qu'il devait le former. Selon C\_\_\_\_\_\_, il avait fait le tour de la société – il était d'ailleurs du même avis – et une indemnité de départ lui serait versée, sans qu'une date précise de départ n'ait été convenue. Bien qu'il n'y ait pas eu de discussions formelles s'agissant de l'indemnité de départ, il avait plusieurs fois mentionné à C\_\_\_\_\_\_ qu'il était, selon lui, habituel pour des employés dans des positions similaires à la sienne, soit avec plus de 5 ans d'ancienneté, de percevoir une indemnité équivalente à une ou 2 années de salaire.

Le 29 mars 2019, C\_\_\_\_\_\_ lui avait annoncé qu'I\_\_\_\_\_\_ était formé et qu'il avait discuté avec AD\_\_\_\_\_\_ d'une éventuelle indemnité de départ. Devant le refus de C\_\_\_\_\_\_ de lui verser une indemnité de CHF 150'000.-, il lui avait rappelé "ses agissements [à C\_\_\_\_\_\_] au sein de la société et ce qu'il avait mis en place", ce qui ne lui avait pas plu. C\_\_\_\_\_\_ lui avait ensuite indiqué que le montant précité ne pouvait pas passer par les comptes de la société et lui avait demandé: "tu as l'habitude de faire des contrats pour des montres?". Il n'avait pas répondu. Finalement, C\_\_\_\_\_\_ lui avait demandé de partir, sans toutefois lui signifier son licenciement.

Avant son départ, il avait pris les affaires auxquelles il était le plus attaché. Confronté à ses précédentes déclarations, dans lesquelles il indique ne pas avoir été licencié mais qu'il avait quand même pris ses affaires, il a expliqué que, comme le ton était monté, il avait compris qu'il n'allait pas revenir travailler.

Il a nié avoir produit des documents confidentiels durant cet entretien. Au cours de son travail, il avait eu parfois accès aux serveurs sécurisés d'A\_\_\_\_\_\_. En 2014, sa directrice avait été en arrêt maladie de longue durée et on lui avait demandé de "faire tourner"la société. Durant cette période, il avait eu accès à tout. Lorsque F\_\_\_\_\_\_ était arrivée en 2015, il avait continué à avoir des accès partiels. Il ne se souvenait pas quand ses accès avaient été coupés. Il a contesté avoir stocké sur un périphérique externe toutes les données des clients d'A\_\_\_\_\_\_.

Il était l'auteur du courrier du 1eravril 2019 adressé à AD\_\_\_\_\_\_. La clé USB annexée contenait les documents confidentiels qui lui avaient permis de rédiger sa lettre de démission et qu'il restituait à la société, soit le registre intégral des clients pour l'année 2010. Il souhaitait faire remonter à AD\_\_\_\_\_\_, actionnaire d'A\_\_\_\_\_\_, les problèmes de rétro-commissions qui n'avaient pas été annoncées aux clients. Il avait eu accès légitimement à ces documents, mise à part le certificat de salaire de C\_\_\_\_\_\_, auquel il avait eu accès par mégarde de F\_\_\_\_\_\_. Interrogé sur les problèmes qu'il mettait en exergue avec le certificat de salaire de C\_\_\_\_\_\_, il a déclaré qu'il souhaitait montrer que la prime de risque de C\_\_\_\_\_\_ était bien plus élevée que celle que recevait l'ancienne directrice.

Interrogé sur la nouvelle adresse e-mail "G\_\_\_\_\_\_@A\_\_\_\_\_\_.one", il a affirmé qu'il l'avait créée pour envoyer sa lettre de démission à AD\_\_\_\_\_\_ et être sûr que son courriel serait lu, puisqu'elle contenait la mention "A\_\_\_\_\_\_" dans l'adresse. Il avait remarqué qu'il n'avait plus accès à sa boîte mail professionnelle, bien qu'il se considérait encore employé. Confronté à sa réaction étrange de créer une nouvelle adresse non officielle avec la mention "A\_\_\_\_\_\_", il a simplement répondu qu'il était encore employé d'A\_\_\_\_\_\_.

Le 9 avril 2019, il avait rencontré AD\_\_\_\_\_\_ et C\_\_\_\_\_\_. Une fois assis, AD\_\_\_\_\_\_ avait demandé à C\_\_\_\_\_\_ de les laisser seuls. Il lui avait remis les contrats des montres qu'il avait rédigés, comme C\_\_\_\_\_\_ le lui avait proposé. AD\_\_\_\_\_\_ en avait pris connaissance et lui avait indiqué que, sur le principe, cela ne posait pas de problème. Il avait également remis à AD\_\_\_\_\_\_ une enveloppe contenant sa lettre de démission. Etant donné qu'AD\_\_\_\_\_\_ n'avait pas accusé réception de son courriel du 1er avril 2019, il n'était pas sûr que ce dernier l'ait lu.

Il n'était pas l'auteur de la note des 10 points ni de la lettre adressée à E\_\_\_\_\_\_. À la question de savoir quel aurait été l'intérêt d'A\_\_\_\_\_\_ de transmettre à la justice un document dont le contenu pourrait lui porter préjudice, il a fait usage de son droit de se taire, tout en soutenant que la société voulait le voir condamné parce qu'elle avait peur qu'il parle. Il a également refusé de répondre lorsqu'on lui a demandé s'il avait contacté des clients depuis le 29 mars 2019.

g. Par pli du 28 juin 2019, A\_\_\_\_\_\_ a transmis au Ministère public un courriel datant du 27 juin 2019 de E\_\_\_\_\_\_, dans lequel ce dernier annonçait vouloir mettre fin à son mandant avec A\_\_\_\_\_\_. Le départ de ce client majeur représentait la perte d'au moins CHF 115'000.- de revenus annuels.

h. Par pli du 8 juillet 2019, A\_\_\_\_\_\_, par le biais de son Conseil, a produit plusieurs documents qui corroborent sa plainte pénale et les déclarations de C\_\_\_\_\_\_ et AD\_\_\_\_\_\_, notamment :

-          le *"track and trace"* du courrier recommandé du 29 mars 2019 adressé à X\_\_\_\_\_\_, envoyé le 1er avril 2019 et distribué au guichet le 9 avril 2019 à 10h17;

-          le courriel de démission de X\_\_\_\_\_\_ adressé à AD\_\_\_\_\_\_ le 1er avril 2019. X\_\_\_\_\_\_ y liste les raisons de sa démission, notamment des abus de pouvoirs et de malhonnêteté de la part de C\_\_\_\_\_\_, une mauvaise gestion des actifs, malhonnêteté envers les clients et tromperie sur la performance.

-          la lettre de démission de X\_\_\_\_\_\_ datée du 1er avril 2019, dans laquelle il annonce sa démission pour le 30 juin 2019. Les raisons de sa démission avaient été "exposées auprès du CEO du groupe A\_\_\_\_\_\_ qui [l'avait] accepté"; et

-          un courrier d'A\_\_\_\_\_\_ daté du 3 avril 2019, envoyé à X\_\_\_\_\_\_. Il ressort de ce courrier qu'A\_\_\_\_\_\_ conteste non seulement la démission de ce dernier, dès lors qu'il avait été licencié le 29 mars 2019. Le *"track and trace"* de ce courrier indique qu'il a été envoyé par recommandé le 3 avril 2019 et distribué au guichet le 9 avril 2019 à 10h17.

i. Il ressort des rapports de police des 13 et 17 juillet et 8 octobre 2020 et du rapport du Centre universitaire romand de médecine légale du 22 mai 2019 que le profil ADN (H1) de X\_\_\_\_\_\_ se trouvait sur l'enveloppe du courrier du 1er avril 2019 adressé à AD\_\_\_\_\_\_ ainsi que sur la clé USB qui se trouvait dans ce courrier. En sus, les empreintes de X\_\_\_\_\_\_ ont été retrouvées sur deux des contrats de montre remis à la police par AD\_\_\_\_\_\_ (ce dernier alléguant que X\_\_\_\_\_\_ les lui avait remis le 9 avril 2019) ainsi que sur la note des 10 points que ce dernier effectuerait faute de paiement.

j. Lors de l'audience du 14 août 2019, AD\_\_\_\_\_\_ a déclaré qu'il n'était pas au courant de prétendues discussions entre C\_\_\_\_\_\_ et X\_\_\_\_\_\_ en début d'année 2019 au sujet de l'avenir de ce dernier dans la société. En revanche, il avait discuté avec C\_\_\_\_\_\_ d'une réduction de l'effectif de l'équipe de Genève. Après analyse, il avait été convenu de se séparer de X\_\_\_\_\_\_. Ce dernier n'avait jamais reçu la tâche de former I\_\_\_\_\_\_ et il n'était pas prévu que celui-ci remplace X\_\_\_\_\_\_. Il n'était pas coutume dans la société de verser une indemnité de départ.

S'agissant de l'entretien du 29 mars 2019, il a expliqué que C\_\_\_\_\_\_ l'avait contacté quelques minutes après la fin de cet entretien. Les explications d'AD\_\_\_\_\_\_ correspondent à la plainte pénale d'A\_\_\_\_\_\_ et aux déclaration de C\_\_\_\_\_\_ quant au déroulement des faits.

Lors de sa rencontre du 9 avril 2019 avec X\_\_\_\_\_\_, ce dernier lui avait remis les contrats de vente des montres de luxe pour un total de CHF 150'000.- ainsi qu'une enveloppe dans laquelle se trouvait la note détaillant ce qu'il allait faire faute de paiement.

Deux clients avaient résilié leur mandat avec la société, dont E\_\_\_\_\_\_, après avoir reçu le courrier de X\_\_\_\_\_\_. AD\_\_\_\_\_\_ estimait la perte à CHF 250'000.- soit 20% du chiffre d'affaire annuel. S'agissant de E\_\_\_\_\_\_, il l'avait rencontré à K\_\_\_\_\_\_ le 22 mai 2019. Ce dernier était très embêté du courrier qu'il avait reçu de X\_\_\_\_\_\_. E\_\_\_\_\_\_, qui estimait qu'il s'agissait d'une violation de sa sphère privée, lui avait dit qu'il ne savait pas encore ce qu'il comptait faire à ce stade.

k. Par commission rogatoire, E\_\_\_\_\_\_ a été entendu le 1er juillet 2020 par la police de la K\_\_\_\_\_\_.

Il a confirmé avoir reçu un courrier en avril 2019 avec l'entête d'A\_\_\_\_\_\_ de X\_\_\_\_\_\_. Son profil d'investisseur et la copie d'un portfolio relatif à la famille D\_\_\_\_\_\_\_ y étaient annexés. Ce courrier l'avait beaucoup surpris car il savait que X\_\_\_\_\_\_ avait déjà démissionné d'A\_\_\_\_\_\_. Il avait eu occasionnellement des contacts avec lui, lorsqu'il appelait le bureau d'A\_\_\_\_\_\_ à Genève. Il avait jeté ce courrier et les annexes, mais en avait parlé avant à AD\_\_\_\_\_\_ lorsqu'il l'avait vu à K\_\_\_\_\_\_ le 22 mai 2019. Ce dernier avait pris une photo du courrier. A la suite dudit courrier, il avait annoncé à AD\_\_\_\_\_\_ qu'il souhaitait déplacer son portefeuille. C'était en effet la lettre de X\_\_\_\_\_\_ qui avait motivé sa décision. Il n'avait gardé aucun contact avec A\_\_\_\_\_\_ et n'avait pas non plus eu de contact avec X\_\_\_\_\_\_ après réception de ce courrier. Il ne se souvenait pas s'il avait déjà vu la signature de X\_\_\_\_\_\_, mais comme sur le courrier se présentait son entête, il en avait déduit que c'était bien sa signature.

S'agissant des allégations de X\_\_\_\_\_\_, il pensait qu'une partie de celles-ci faisaient du sens concernant l'investissement global. Toutefois, il n'avait pas de preuve car il n'était pas spécialiste des investissements financiers. Il ne comprenait pas pourquoi il avait été le destinataire de ce courrier. Il avait été surpris de ce qu'il avait lu et ne voulait pas "être associé à cela" et dans le doute, il avait préféré partir.

l. F\_\_\_\_\_\_, employée d'A\_\_\_\_\_\_ a été entendue en tant que témoin le 24 novembre 2020.

Elle a expliqué qu'en janvier 2019, après qu'A\_\_\_\_\_\_ ait perdu un client important, les dirigeants avaient pris la décision de licencier un *"portfolio manager"*. Le licenciement de X\_\_\_\_\_\_ était avant tout économique mais résultait également de son manque de professionnalisme et de son comportement. Elle avait eu la tâche de rédiger le courrier de licenciement et de le faire préalablement signer à un administrateur de la société ainsi qu'à C\_\_\_\_\_\_. L'entretien avec X\_\_\_\_\_\_ avait été fixé le dernier vendredi du mois de mars 2019. Il avait été convenu de le renvoyer chez lui le jour-même, car A\_\_\_\_\_\_ ne lui faisait plus confiance en raison de son comportement. En effet, X\_\_\_\_\_\_ avait une attitude hostile à tout changement et était en permanence dans le conflit. En général, aucune indemnité de départ n'était allouée. Elle n'avait pas assisté à l'entretien du 29 mars 2019 mais C\_\_\_\_\_\_ lui avait immédiatement relaté l'entrevue après le départ de X\_\_\_\_\_\_.

Les déclarations de F\_\_\_\_\_\_ quant au déroulement de l'entretien du 29 mars 2019 et des mesures de sécurité prise par A\_\_\_\_\_\_ corroborent les déclarations de C\_\_\_\_\_\_.

S'agissant des documents confidentiels d'A\_\_\_\_\_\_, F\_\_\_\_\_\_ a confirmé que X\_\_\_\_\_\_ avait seulement accès, à tout le moins depuis 2015, aux documents ayant attraits aux clients de la société. Etant arrivée dans la société en 2015, elle ignorait si X\_\_\_\_\_\_ avait eu un accès élargi avant son arrivée. Toutefois, certains documents exhibés par X\_\_\_\_\_\_ dataient de 2015, soit à une période où il n'avait pas accès à ces documents.

Le 29 mars 2019, elle avait vidé le bureau de X\_\_\_\_\_\_ pour lui retourner ses affaires personnelles. Dans l'armoire qui lui était attitrée, elle avait découvert un classeur contenant divers documents confidentiels. Après discussions avec C\_\_\_\_\_\_, qui lui avait indiqué que ces documents ne se trouvaient pas sur le serveur, ils ont pensé que X\_\_\_\_\_\_ avait également dû fouiller dans leurs bureaux, y compris dans la mallette de C\_\_\_\_\_\_. Elle n'avait aucun doute que ce classeur appartenait à X\_\_\_\_\_\_, dès lors que les armoires étaient souvent ouvertes et qu'elle avait déjà aperçu ce classeur de couleur vert clair dans son armoire.

S'agissant des enveloppes et du papier entête trouvés chez X\_\_\_\_\_\_, elle a affirmé qu'il était interdit de faire du télétravail et qu'elle n'avait jamais vu X\_\_\_\_\_\_ envoyer lui-même un courrier.

En mai ou juin 2019, elle avait reçu un appel téléphonique de la part de N\_\_\_\_\_\_, employé de la banque O\_\_\_\_\_\_, qui lui avait annoncé avoir été contacté par E\_\_\_\_\_\_, qui affirmait avoir reçu un courrier de X\_\_\_\_\_\_ et demandait à la banque O\_\_\_\_\_\_ son avis sur les pratiques d'A\_\_\_\_\_\_. Par la suite, E\_\_\_\_\_\_ avait résilié son mandat auprès d'A\_\_\_\_\_\_.

m. Par courrier du 20 janvier 2021, A\_\_\_\_\_\_ a produit un courrier de M\_\_\_\_\_\_, dans lequel il atteste qu'en sa qualité de responsable informatique, il avait, le 29 mars 2019 à environ 11h, sur instructions de F\_\_\_\_\_\_, bloqué l'accès de X\_\_\_\_\_\_ à tous les serveurs de la société ainsi qu'à son compte de messagerie "G\_\_\_\_\_\_@A\_\_\_\_\_\_.ch".

n. Le 16 décembre 2020, dans le cadre de la procédure enregistrée sous le numéro \_\_\_\_\_\_, le Ministère public a rendu une ordonnance de non-entrée en matière s'agissant d'A\_\_\_\_\_\_ concernant d'éventuels infractions en lien avec les rétro-commissions, considérant qu'A\_\_\_\_\_\_ avait, de longue date, informé ses clients s'agissant de se pratique en matière de rétrocession et avait communiqué de manière suffisante les tarifs appliqués à ce titre. Aucune infraction de gestion déloyale ne pouvait lui être reprochée.

o.a. I\_\_\_\_\_\_ a été entendu par le Ministère public le 24 mars 2021.

Il a expliqué qu'il n'était pas prévu qu'il remplace X\_\_\_\_\_\_, mais qu'ils se partagent des clients.

Il a indiqué que X\_\_\_\_\_\_ avait été licencié. Avant son licenciement, il avait constaté une baisse d'activité due au départ d'un client important. Le 29 mars 2019, il avait vu X\_\_\_\_\_\_ et C\_\_\_\_\_\_ après leur entretien. L'ambiance était tendue. Ils étaient venus dans son bureau et avaient continué leur conversation. Sans le contexte, il avait trouvé celle-ci étrange, X\_\_\_\_\_\_ mentionnant à C\_\_\_\_\_\_ qu'il n'avait pas besoin de rester là car "il avait tout à la maison". X\_\_\_\_\_\_ avait pris des affaires, y compris des timbres de la société, et était parti.

Peu après, A\_\_\_\_\_\_ avait perdu deux clients importants. Il n'avait pas eu de contact direct avec les clients mais un employé de la banque O\_\_\_\_\_\_, N\_\_\_\_\_\_, l'avait appelé au sujet de E\_\_\_\_\_\_ et il l'avait redirigé vers F\_\_\_\_\_\_. S'agissant du second client parti, il ne connaissait pas son vrai nom mais qu'il était appelé "P\_\_\_\_\_\_" au sein de la société.

A cette époque, il n'y avait pas de télétravail au sein d'A\_\_\_\_\_\_. Il n'avait d'ailleurs jamais vu X\_\_\_\_\_\_ faire du télétravail.

o.b. N\_\_\_\_\_\_ a également été entendu en tant que témoin.

Il a déclaré que E\_\_\_\_\_\_ était un client d'A\_\_\_\_\_\_. D'après ses souvenirs, ce client avait résilié son mandant entre mai et juillet 2019. Lors d'un rendez-vous, E\_\_\_\_\_\_ lui avait présenté une lettre dont le contenu était péjoratif pour A\_\_\_\_\_\_. E\_\_\_\_\_\_ lui avait indiqué qu'il souhaitait que la banque O\_\_\_\_\_\_ lui fasse des propositions pour gérer sa fortune à l'interne, que ce courrier soit vrai ou fallacieux. Avec l'accord de ce dernier, il avait contacté A\_\_\_\_\_\_ pour leur parler de cette lettre.

Il était au courant qu'A\_\_\_\_\_\_ avait perdu un autre client important durant la même période.

p. Le 19 avril 2021, A\_\_\_\_\_\_ a apporté quelques précisions quant au client dénommé "P\_\_\_\_\_\_", qui avait résilié son mandat le 30 avril 2019. Ses actifs sous gestion s'élevaient à CHF 33 mio. et rapportait à la société des honoraires annuels de CHF 117'000.-.

q. A\_\_\_\_\_\_ a déposé les conclusions civiles suivantes:

-          CHF 64'414.82 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2019 du client E\_\_\_\_\_\_ avec intérêts à 5% dès le 1er janvier 2020;

-          CHF 128'829.65 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2020 du client E\_\_\_\_\_\_ avec intérêts à 5% dès le 1er janvier 2021;

-          CHF 128'829.65 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2021 du client E\_\_\_\_\_\_ avec intérêts à 5% dès le 1er janvier 2020;

-          CHF 128'829.65 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2022 du client E\_\_\_\_\_\_;

-          CHF 128'829.65 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2023 du client E\_\_\_\_\_\_;

-          CHF 77'799.77 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2019 du client "P\_\_\_\_\_\_", avec intérêts à 5% l'an dès le 1er janvier 2020;

-          CHF 109'823.80 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2020 du client "P\_\_\_\_\_\_", avec intérêts à 5% l'an dès le 1er janvier 2021;

-          CHF 107'464.94 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2021 du client "P\_\_\_\_\_\_", avec intérêts à 5% l'an dès le 1er janvier 2022;

-          CHF 108'092.44 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2022 du client "P\_\_\_\_\_\_";

-          CHF 108'092.44 à titre de réparation pour la perte de mandat pour l'année 2023 du client "P\_\_\_\_\_\_";

-          CHF 4'204.54 à titre d'indemnité pour les frais divers (transports en avion et en taxi pour se rendre aux audiences, serrurerie etc…) entre le 1er avril 2019 et le 24 mars 2021;

-          CHF 7'545.84 à titre d'indemnité de la formation CAIA payée par son employeur;

-          CHF 1'956.60 à titre d'indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées avant la procédure; et

-          CHF 46'781.80 à titre d'indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure.

C. L'audience de jugement s'est tenue le 31 mars 2022.

a. C\_\_\_\_\_\_, représentant d'A\_\_\_\_\_\_, a confirmé la teneur de la plainte pénale. Il a ajouté qu'un second client, de la taille d'E\_\_\_\_\_\_, avait également résilié son mandat la même semaine que ce dernier. Il ne pouvait prouver que X\_\_\_\_\_\_ avait un lien avec cette résiliation mais il ne pensait pas qu'il s'agisse d'une coïncidence.

Il a précisé qu'il n'était pas usuel que les employés disposent d'une clé USB pour travailler à l'extérieur des locaux. S'agissant du relevé de sa carte de crédit privé retrouvée chez X\_\_\_\_\_\_, il pensait que ce dernier avait dû fouiller dans son bureau car ce document relevait de sa sphère privée.

Pour le surplus, il a confirmé ses précédentes déclarations.

b. X\_\_\_\_\_\_ a continué à contester tous les faits qui lui étaient reprochés. Questionné quant aux buts de l'entretien du 29 mars 2019, il a répondu qu'à la fin de cet entretien, on lui avait dit "tu prends tes affaires et tu pars" mais qu'il n'avait pas été licencié. Il n'avait pas reçu de lettre formelle mais il avait considéré qu'il ne travaillait plus pour cette société. Il avait emporté ses affaires personnelles et quitté les locaux en restituant les clés. Il avait exigé une indemnité de départ de six mois de salaire, son bonus de 2018 qui ne lui avait pas été versé et une prime pour promotion qu'il ne lui avait pas été payée. Il a ensuite indiqué qu'il avait demandé une indemnité de départ de CHF 150'000.-. Il avait envoyé un courrier de démission parce qu'il n'avait pas été officiellement licencié.

Il a nié avoir présenté des documents relatifs aux rémunérations de certains membres du personnel. C'était C\_\_\_\_\_\_ qui voulait faire croire qu'il avait accédé à des documents confidentiels, alors qu'il avait effectivement eu accès à ces documents, ayant assuré la comptabilité d'A\_\_\_\_\_\_ jusqu'à l'arrivé de F\_\_\_\_\_\_. Il connaissait le salaire de C\_\_\_\_\_\_ car c'était lui qui avait préparé son arrivée dans la société.

Il avait créé l'adresse email "G\_\_\_\_\_\_@A\_\_\_\_\_\_.one" car il se considérait toujours employé d'A\_\_\_\_\_\_ et il voulait être sûr qu'AD\_\_\_\_\_\_ lise son courriel. Il avait également écrit un courrier et avait utilisé l'entête d'A\_\_\_\_\_\_ pour les mêmes raisons.

S'agissant du classeur contenant des documents confidentiels dans son armoire, il a affirmé qu'il n'avait pas d'armoire attitrée et que d'autres personnes avaient eu accès à cette armoire.

Il n'était pas l'auteur de la note qui indiquait en 10 points les actions à entreprendre faute de paiement d'A\_\_\_\_\_\_. Confronté au fait que ses empreintes aient été retrouvées sur lesdits documents, il a déclaré que la société était en période de *"reporting"* des portefeuilles des clients, et qu'il était facile de trouver des feuilles vierges où il y avait ses empreintes.

Il a confirmé avoir lui-même préparé les 3 contrats de vente de montre. Il avait réfléchi à ce qu'il devait y figurer et il avait accepté ce mode de rémunération. C'était une idée de C\_\_\_\_\_\_. Ce dernier et AD\_\_\_\_\_\_ était des amateurs de montres de luxe.

Il a nié avoir envoyé un courrier à E\_\_\_\_\_\_, ni à aucun autre client. Il ne s'expliquait pas ce courrier. Il avait seulement tenté des prises de contact via L\_\_\_\_\_\_.

Interrogé sur les raisons de la présente procédure à son encontre, il a affirmé qu'il n'y avait pas de clause de non-concurrence dans les contrats de portfolio manager et qu'il s'agissait d'une technique pour licencier leurs employés après quelques années et que ces derniers ne retrouvent pas de travail, précisant "ils veulent les casser" (les employés). Une procédure auprès du Tribunal des Prud'hommes avait été initiée, mais elle était actuellement suspendue.

Il avait bien écrit le courrier du 1er avril 2019 adressé à AD\_\_\_\_\_\_. La clé USB, sécurisée, lui avait été remise à son arrivée à la société en 2013. Elle contenait des documents confidentiels d'A\_\_\_\_\_\_. Il avait décidé de l'envoyer par courrier car il n'avait pas confiance de la resituer à la société à Genève, plus particulièrement à C\_\_\_\_\_\_. Il a ensuite déclaré qu'il ne voulait plus avoir de contact avec C\_\_\_\_\_\_ car ce dernier l'avait trahi.

c. O\_\_\_\_\_\_, épouse de X\_\_\_\_\_\_, a été entendue en qualité de témoin.

Elle a affirmé que son mari avait très mal vécu la procédure pénale.

Elle ne se souvenait pas de la date exacte de son licenciement. Il était rentré à la maison un vendredi en lui expliquant qu'il avait eu une discussion avec son employeur, qu'il ne comptait pas retourner travail et qu'il avait l'intention d'envoyer sa lettre de démission. Il lui arrivait de travailler depuis la maison, notamment les soirs ou les week-ends et ce, avant 2019. Cela restait toutefois rare. Depuis lors, il n'avait pas retrouvé de travail car il était impossible d'en trouver sans lettre de recommandation. Il n'avait pas de poste fixe et n'avait pas de revenu stable.

D.       X\_\_\_\_\_\_ est né en le \_\_\_\_\_\_ 1984, à \_\_\_\_\_\_, France, pays dont il est originaire. Il est arrivé en Suisse en 2010 et est titulaire d'un permis C. Il est marié et a deux enfants. Lors de l'audience de jugement, il a refusé d'indiquer sa rémunération et l'état de sa fortune personnelle. Il a une dette hypothécaire de CHF 800'000.-.

A teneur de son casier judiciaire suisse, X\_\_\_\_\_\_ est sans antécédent.

 

EN DROIT

Culpabilité

1.1. Selon l'art. 156 ch. 1 CP, sera puni d'une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire celui qui, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime, aura déterminé une personne à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers, en la menaçant d'un dommage sérieux. Le dommage dont l'auteur menace la victime peut avoir trait à n'importe quel intérêt juridiquement protégé de celle-ci ou d'une personne qui lui est chère ou à l'égard de laquelle elle se sent obligée. Il peut s'agir de la menace de porter atteinte à l'honneur, à la liberté, ou au patrimoine. En revanche, une simple mise en garde est insuffisante pour revêtir la qualité de menace d'un dommage sérieux (MACALUSO/MOREILLON/QUELOZ, Commentaire romand CP II, 2017, n. 6 et 7 ad art. 156 CP).

Il y a menace d'un dommage sérieux lorsque la perspective de l'inconvénient est de nature à entraver le destinataire dans sa liberté de décision. La perspective de l'inconvénient évoqué doit être propre, pour un destinataire raisonnable, à l'amener à adopter un comportement qu'il n'aurait pas eu s'il avait eu toute sa liberté de décision. Le caractère sérieux du dommage doit être évalué en fonction de critères objectifs et non d'après la réaction du destinataire des menaces (CORBOZ, op. cit., vol. I, 3éme éd., Berne 2010, n. 16 ad art. 156 CP).

Sur le plan subjectif, il faut que l'auteur ait agi intentionnellement, le dol éventuel étant suffisant, et dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime (arrêt du Tribunal fédéral [6B\_275/2016](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=6B_275/2016) du 9 décembre 2016 consid. 4.2.5).

1.1.2. A teneur de l'art. 22 al. 1 CP, le juge peut atténuer la peine si l'exécution d'un crime ou d'un délit n'est pas poursuivie jusqu'à son terme ou que le résultat nécessaire à la consommation de l'infraction ne se produit pas ou ne pouvait pas se produire.

Il y a tentative lorsque l'auteur a réalisé tous les éléments subjectifs de l'infraction et manifesté sa décision de la commettre, alors que les éléments objectifs font, en tout ou en partie, défaut (ATF [137 IV 113](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=137%20IV%20113) consid. 1.4.2, p. 115; ATF [131 IV 100](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=131%20IV%20100) consid. 7.2.1, p. 103). L'équivalence des deux dols – direct et éventuel – s'applique également à la tentative. Au stade de la tentative, la nature des lésions effectivement subies par la victime – moins graves que celles qui auraient pu survenir – n'est pas déterminante (arrêt du Tribunal fédéral [6B\_755/2019](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=6B_755/2019) du 28 août 2019 consid. 1.2.3 et 1.3.2).

1.1.3. D'après la jurisprudence, celui qui, en s'adressant à un tiers, accuse une personne ou jette sur elle le soupçon d'avoir commis un crime ou un délit intentionnel se rend en principe coupable d'une atteinte à l'honneur (ATF [118 IV 248](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=118%20IV%20248) consid. 2b; arrêts du Tribunal fédéral [6B\_676/2017](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=6B_676/2017) et [6B\_677/2017](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=6B_677/2017) du 15 décembre 2017 consid. 3.1).

L'honneur protégé par le droit pénal est conçu de façon générale comme un droit au respect, qui est lésé par toute assertion propre à exposer la personne visée au mépris en sa qualité d'être humain (ATF [132 IV 112](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=132%20IV%20112) consid. 2.1 p. 115). Pour apprécier si une déclaration est attentatoire à l'honneur, il faut se fonder non pas sur le sens que lui donne la personne visée, mais sur une interprétation objective selon la signification qu'un destinataire non prévenu doit, dans les circonstances d'espèce, lui attribuer (ATF [137 IV 313](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=137%20IV%20313) consid 2.1.3 p. 315 s.).

1.1.4. A teneur de l'art. 174 CP (calomnie), celui qui, connaissant la fausseté de ses allégations, aura, en s'adressant à un tiers, accusé une personne ou jeté sur elle le soupçon de tenir une conduite contraire à l'honneur, ou de tout autre fait propre à porter atteinte à sa considération, celui qui aura propagé de telles accusations ou de tels soupçons, alors qu'il en connaissait l'inanité, sera, sur plainte, puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire (ch. 1). La peine sera une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire de 30 jours-amende au moins si le calomniateur a, de propos délibéré, cherché à ruiner la réputation de sa victime (ch. 2). Si, devant le juge, le délinquant reconnaît la fausseté de ses allégations et les rétracte, le juge pourra atténuer la peine. Le juge donnera acte de cette rétractation à l'offensé (ch. 3).

1.2. En l'espèce, le Tribunal tient pour établi que le prévenu a été engagé au sein d'A\_\_\_\_\_\_ dès le 1er novembre 2013 en qualité de *"junior portofolio offices and management assistant"*. Il est également établi au vu des entretiens périodiques que le prévenu a donné satisfaction à son employeuse durant toute la durée de son emploi, sous réserve de quelques points, notamment son esprit d'équipe et sa communication.

Au vu des éléments figurant à la procédure, notamment des déclarations des témoins, il est établi que le prévenu a été licencié lors de l'entretien du 29 mars 2019 avec C\_\_\_\_\_\_. Le comportement du prévenu après l'entretien ainsi que ses actes concrets telles que restitution des clés, récupération de ses affaires personnelles, etc., démontrent, qu'il avait compris être licencié de la société avec effet immédiat. En sus, il a admis lui-même qu'il avait compris qu'il ne reviendrait plus travailler dans la société.

Le Tribunal considère également comme établi que, lors de cet entretien, le prévenu a sollicité une indemnité de départ et exigé rencontrer AD\_\_\_\_\_\_. En revanche, la question de savoir si le prévenu a présenté des documents confidentiels lors de cet entretien peut rester ouverte à ce stade.

Il est établi et au demeurant admis qu'un second entretien a eu lieu entre le prévenu et AD\_\_\_\_\_\_, et dans une moindre mesure C\_\_\_\_\_\_, le 9 avril 2019, durant lequel le prévenu a, une nouvelle fois, émis des exigences quant à son départ et plus particulièrement sur le fait qu'une indemnité de départ devrait lui être allouée. La préparation des actes de vente de montres en est la démonstration.

Le Tribunal retiendra également que, lors de cet entretien, le prévenu a remis à AD\_\_\_\_\_\_ un document faisant état des conséquences pour la société s'il n'obtenait pas la somme demandée. Les empreintes du prévenu figurent sur le document en question et ses explications quant à la présence de ses empreintes ne convainquent pas, tout comme la théorie du complot qu'il a développée. Celle-ci n'a en effet aucun sens et le Tribunal peine à envisager qu'A\_\_\_\_\_\_ ait mis sur pied un tel stratagème pour se séparer d'un collaborateur. En résumé, A\_\_\_\_\_\_ n'avait aucun intérêt à agir de la sorte, le comportement que lui impute le prévenu n'emporte pas conviction.

Ainsi, le Tribunal retient que le prévenu, en réclamant une indemnité de départ, sous la menace de dévoiler des informations confidentielles, de contacter les autorités fiscales et de contacter des clients pour dénigrer A\_\_\_\_\_\_, s'est bien rendu coupable de tentative d'extorsion et de chantage (art. 156 al. 1 CP *cum* art. 22 al. 1 CP).

S'agissant des faits afférents à E\_\_\_\_\_\_, il est établi par les éléments de la procédure, soit le courrier reçu et le témoignage d'E\_\_\_\_\_\_, que ce dernier a bien reçu un courrier le 29 avril 2019 dans lequel le prévenu dénigrait A\_\_\_\_\_\_ et que ledit courrier contenait également des documents confidentiels. Par ce comportement, le prévenu a effectivement cherché à ruiner la réputation de la société.

Il est également établi que, suite à ce courrier, E\_\_\_\_\_\_ a résilié son contrat de mandat et retiré ses avoirs d'A\_\_\_\_\_\_. A ce sujet, la théorie du complot du prévenu n'est pas vraisemblable, A\_\_\_\_\_\_ n'ayant aucun intérêt à adresser elle-même un tel courrier à son client, au risque, comme cela s'est produit, que celui-ci décide de quitter la société.

Par son comportement, le prévenu s'est rendu coupable de calomnie (art. 174 al. 1 et 2 CP).

Peine

2.1.1. Selon l'art. 47 CP, le juge fixe la peine d'après la culpabilité de l'auteur, en tenant compte des antécédents et de la situation personnelle de ce dernier ainsi que de l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). La culpabilité est déterminée par la gravité de la lésion ou de la mise en danger du bien juridique concerné, par le caractère répréhensible de l'acte, par les motivations et les buts de l'auteur et par la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu éviter la mise en danger ou la lésion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances extérieures (al. 2).

La culpabilité doit être évaluée en fonction de tous les éléments objectifs pertinents, qui ont trait à l'acte lui-même, à savoir notamment la gravité de la lésion, le caractère répréhensible de l'acte et son mode d'exécution. Du point de vue subjectif sont pris en compte l'intensité de la volonté délictuelle ainsi que les motivations et les buts de l'auteur. A ces composantes de la culpabilité, il faut ajouter les facteurs liés à l'auteur lui-même, à savoir les antécédents, la réputation, la situation personnelle (état de santé, âge, obligations familiales, situation professionnelle, risque de récidive, etc.), la vulnérabilité face à la peine, de même que le comportement après l'acte et au cours de la procédure pénale (ATF [142 IV 137](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=142%20IV%20137) consid. 9.1. p. 147; [141 IV 61](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=141%20IV%2061) consid. 6.1.1. p. 66 s.; [136 IV 55](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=136%20IV%2055) consid. 5 p. 57 ss).

2.1.2. Si en raison d'un ou plusieurs actes, l'auteur remplit les conditions de plusieurs peines du même genre, le juge le condamne à la peine de l'infraction la plus grave et l'augmente dans une juste proportion. Il ne peut toutefois pas excéder de plus de la moitié le maximum de la peine prévue pour cette infraction. Il est en outre lié par le maximum légal de chaque genre de peine (art. 49 al. 1 CP).

2.1.3. L'art. 40 CP fixe la durée minimale de la peine privative de liberté à 3 jours et sa durée maximale à 20 ans, sauf disposition expresse de la loi.

2.1.4. Selon l'art. 42 al. 1 CP, le juge suspend en règle générale l'exécution d'une peine pécuniaire ou d'une peine privative de liberté de deux ans au plus lorsqu'une peine ferme ne paraît pas nécessaire pour détourner l'auteur d'autres crimes ou délits. Sur le plan subjectif, le juge doit poser, pour l'octroi du sursis - ou du sursis partiel -, un pronostic quant au comportement futur de l'auteur. En l'absence de pronostic défavorable, il doit prononcer le sursis. Celui-ci est ainsi la règle dont le juge ne peut s'écarter qu'en présence d'un pronostic défavorable ou hautement incertain (ATF [135 IV 180](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=135%20IV%20180) consid. 2.1; [134 IV 1](https://justice.ge.ch/apps/decis/fr/decis/search?query=134%20IV%201) consid. 4.2.2).

Si le juge suspend totalement ou partiellement l'exécution d'une peine, il impartit au condamné un délai d'épreuve de deux à cinq ans (art. 44 al. 1 CP).

2.1.5. A teneur de l'art. 46 al. 1 CP, si, durant le délai d'épreuve, le condamné commet un crime ou un délit et qu'il y a dès lors lieu de prévoir qu'il commettra de nouvelles infractions, le juge révoque le sursis ou le sursis partiel. Si la peine révoquée et la nouvelle peine sont du même genre, il fixe une peine d'ensemble en appliquant par analogie l'art. 49 CP.

2.2. En l'espèce, la faute du prévenu est importante. Il s'en est pris à la liberté, au patrimoine et à l'honneur de la société qui l'avait employée durant plusieurs années.

Ses mobiles sont égoïstes, il a agi par pur appât du gain.

Sa responsabilité est pleine et entière.

Sa situation personnelle au moment des faits n'explique absolument pas son comportement. Le fait d'avoir été licencié ne saurait justifier un tel comportement.

Il y a concours d'infractions, facteur aggravant de la peine.

Sa collaboration à la procédure n'est pas bonne, il a systématiquement minimisé son comportement et a persisté à nier les évidence en tentant de reporter la faute sur autrui.

Sa prise de conscience est inexistante, toute comme ses regrets mais en lien avec sa position sur les faits.

Il n'a pas d'antécédent, facteur neutre sur la peine.

Vu les infractions commises et leur gravité, seule une peine privative de liberté pourra être prononcée.

Le prévenu sera condamné à une peine privative de liberté de 8 mois. Cette peine sera assortie du sursis complet.

Conclusions civiles

3.1.1. La partie plaignante peut faire valoir des conclusions civiles déduites de l'infraction par adhésion à la procédure (art. 122 al. 1 CPP), l'autorité judiciaire saisie de la cause pénale jugeant les conclusions civiles indépendamment de leur valeur litigieuse (art. 124 al. 1 CPP).

3.1.2. Chacun est tenu de réparer le dommage qu'il cause à autrui d'une manière illicite, soit intentionnellement, soit par négligence ou imprudence (art. 41 al. 1 CO).

La preuve du dommage incombe au demandeur (art. 42 CO).

3.1.3. Selon l'art. 49 al. 1 CO, celui qui subit une atteinte illicite à sa personnalité a droit à une somme d'argent à titre de réparation morale, pour autant que la gravité de l'atteinte le justifie et que l'auteur ne lui ait pas donné satisfaction autrement.

3.2. En l'espèce, A\_\_\_\_\_\_ prétend à des conclusions civiles, notamment en lien avec le départ d'E\_\_\_\_\_\_ et le client dénommé "P\_\_\_\_\_\_", en omettant toutefois de détailler et justifier les postes de dommages allégués, le dommage n'étant pas suffisamment établi en l'état.

En conséquence, elle sera renvoyée à agir par la voie civile s'agissant de ses conclusions civiles.

Inventaire, indemnités et frais

4.1.1. Selon l'art. 267 al. 1 et 3 CPP, si le motif du séquestre disparaît, le ministère public ou le tribunal lève la mesure et restitue les objets et valeurs patrimoniales à l'ayant droit. La restitution à l'ayant droit des objets et des valeurs patrimoniales séquestrés qui n'ont pas été libérés auparavant, leur utilisation pour couvrir les frais ou leur confiscation sont statuées dans la décision finale.

4.1.2. A teneur de l'art. 69 CP, alors même qu'aucune personne déterminée n'est punissable, le juge prononce la confiscation des objets qui ont servi ou devaient servir à commettre une infraction ou qui sont le produit d'une infraction, si ces objets compromettent la sécurité des personnes, la morale ou l'ordre public (al. 1). Le juge peut ordonner que les objets confisqués soient mis hors d'usage ou détruits (al. 2).

4.1.3. Conformément à l'art. 70 al. 1 CP, le juge prononce la confiscation des valeurs patrimoniales qui sont le résultat d'une infraction ou qui étaient destinées à décider ou à récompenser l'auteur d'une infraction, si elles ne doivent pas être restituées au lésé en rétablissement de ses droits.

4.2. En l'espèce, les documents et objets saisis lors de la perquisition qui s'est déroulée au domicile du prévenu seront confisqués et détruits, à l'exception des téléphones, du matériel informatique et des iPads figurant sous chiffre n° 1 à 8 de l'inventaire du 12 avril 2019. Ceux-ci seront restitués au prévenu dans la mesure où les éléments à la procédure ne permettent pas de retenir qu'ils auraient été utilisés pour la commission des infractions précitées.

5.1. Aux termes de l'art. 433 CPP, la partie plaignante peut demander au prévenu une juste indemnité pour les dépenses occasionnées par la procédure si elle obtient gain de cause (let. a). La partie plaignante adresse ses prétentions à l'autorité pénale et doit les chiffrer et les justifier (al. 2).

La partie plaignante a obtenu gain de cause au sens de cette norme lorsque le prévenu a été condamné et/ou si les prétentions civiles ont été admises, à tout le moins partiellement (Petit commentaire CPP, Helbing Lichtenhahn, 2016, n° 5 ad art. 433 CPP). La juste indemnité, notion qui laisse un large pouvoir d'appréciation au juge, couvre les dépenses et les frais nécessaires pour faire valoir le point de vue de la partie plaignante, à l'exclusion de toutes démarches inutiles ou superflues (MIZEL/RETORNAZ, Commentaire romand du CPP, n° 8 ad art. 433 CPP).

5.2. En l'espèce, A\_\_\_\_\_\_ a obtenu gain de cause, de sorte que le principe d'une indemnisation de ses dépenses obligatoires, occasionnées par la procédure, est acquis.

L'activité déployée par son Conseil est chiffrée et justifiée, aux taux usuels.

Le prévenu sera donc condamné à indemniser la plaignante à hauteur de CHF 46'741.80 à titre de juste indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure.

6. Vu sa condamnation, le prévenu sera condamné aux frais de la procédure et débouté de ses conclusions en indemnisation (art. 426 al. 1 CPP et 429 al. 1 CPP).

PAR CES MOTIFS,  
 LE Tribunal de police

statuant contradictoirement :

Déclare X\_\_\_\_\_\_ coupable de tentative d'extorsion et chantage (art. 156 al. 1 *cum* 22 CP) et de calomnie (art. 174 al. 1 et 2 CP).

Condamne X\_\_\_\_\_\_ à une peine privative de liberté de 8 mois (art. 40 CP).

Met X\_\_\_\_\_\_ au bénéfice du sursis et fixe la durée du délai d'épreuve à 3 ans (art. 42 et 44 CP).

Avertit X\_\_\_\_\_\_ que s'il devait commettre de nouvelles infractions durant le délai d'épreuve, le sursis pourrait être révoqué et la peine suspendue exécutée, cela sans préjudice d'une nouvelle peine (art. 44 al. 3 CP).

Renvoie la partie plaignante A\_\_\_\_\_\_ S.A. (SWITZERLAND) à agir par la voie civile (art. 126 al. 2 CPP).

Ordonne la confiscation et la destruction des objets figurant sous chiffres 9 à 11 de l'inventaire n° 20822820190412, sous chiffre n° 1 de l'inventaire n° 20923220190418 et sous chiffre 1 de l'inventaire n° 23308820190916 (art. 69 CP).

Ordonne la restitution à X\_\_\_\_\_\_ des objets figurant sous chiffres 1 à 8 de l'inventaire n° 20822820190412 (art. 267 al. 1 et 3 CPP).

Rejette les conclusions en indemnisation de X\_\_\_\_\_\_ (art. 429 CPP).

Condamne X\_\_\_\_\_\_ à verser à A\_\_\_\_\_\_ S.A. (SWITZERLAND) CHF 46'741.80, à titre de juste indemnité pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure (art. 433 al. 1 CPP).

Condamne X\_\_\_\_\_\_ aux frais de la procédure, qui s'élèvent à CHF 8'057.30, y compris un émolument de jugement de CHF 500.- (art. 426 al. 1 CPP).

Ordonne la communication du présent jugement aux autorités suivantes : Casier judiciaire suisse, Office cantonal de la population et des migrations, Service des contraventions (art. 81 al. 4 let. f CPP).

Informe les parties que, dans l'hypothèse où elles forment un recours à l'encontre du présent jugement ou en demandent la motivation écrite dans les dix jours qui suivent la notification du dispositif (art. 82 al. 2 CPP), l'émolument de jugement fixé sera en principe triplé, conformément à l'art. 9 al. 2 du Règlement fixant le tarif des frais en matière pénale (RTFMP; E 4.10.03).

|  |  |  |
| --- | --- | --- |
| La Greffière     Meliza KRENZI |  | La Présidente     Alexandra JACQUEMET |

Vu le jugement du 6 avril 2022 ;

Vu l'annonce d'appel faite par le prévenu le 12 avril 2022 (art. 82 al. 2 lit. b CPP) ;

Considérant que selon l'art. 9 al. 2 RTFMP, l'émolument de jugement fixé est en principe triplé en cas d'appel ;

Qu'il se justifie, partant, de mettre à la charge de X\_\_\_\_\_\_ un émolument complémentaire.

PAR CES MOTIFS,  
 LE TRIBUNAL DE POLICE

Fixe l'émolument complémentaire de jugement à CHF 1'000.-.

Met cet émolument complémentaire à la charge de X\_\_\_\_\_\_.

|  |  |  |
| --- | --- | --- |
| La Greffière     Meliza KRENZI |  | La Présidente     Alexandra JACQUEMET |

  

**Voies de recours**

Les parties peuvent annoncer un appel contre le présent jugement, oralement pour mention au procès-verbal, ou par écrit au Tribunal pénal, rue des Chaudronniers 9, case postale 3715, CH-1211 Genève 3, dans le délai de 10 jours à compter de la communication du dispositif écrit du jugement (art. 398, 399 al. 1 et 384 let. a CPP).

Selon l'art. 399 al. 3 et 4 CPP, la partie qui annonce un appel adresse une déclaration écrite respectant les conditions légales à la Chambre pénale d'appel et de révision, Place du Bourg-de-Four 1, case postale 3108, CH-1211 Genève 3, dans les 20 jours à compter de la notification du jugement motivé.

Si le défenseur d'office ou le conseil juridique gratuit conteste également son indemnisation, il peut interjeter recours, écrit et motivé, dans le délai de 10 jours dès la notification du jugement motivé, à la Chambre pénale d'appel et de révision contre la décision fixant son indemnité (art. 396 al. 1 CPP).

L'appel ou le recours doit être remis au plus tard le dernier jour du délai à la juridiction compétente, à la Poste suisse, à une représentation consulaire ou diplomatique suisse ou, s'agissant de personnes détenues, à la direction de l'établissement carcéral (art. 91 al. 2 CPP).

Etat de frais

|  |  |  |
| --- | --- | --- |
| Frais du Ministère public | CHF | 7232.30 |
| Frais du Tribunal des mesures de contraintes | CHF | 150.00 |
| Convocations devant le Tribunal | CHF | 90.00 |
| Frais postaux (convocation) | CHF | 28.00 |
| Emolument de jugement | CHF | 500.00 |
| Etat de frais | CHF | 50.00 |
| Frais postaux (notification) | CHF | 7.00 |
| **Total** | **CHF** | **8'057.3****0** |
|  |  | ========== |
| Emolument de jugement complémentaire | CHF | 1'000.00 |
|  |  | ========== |
| **Total des frais** | **CHF** | **9'057.30** |

**Restitution de valeurs patrimoniales et/ou d'objets**

Lorsque le présent jugement sera devenu définitif et exécutoire, il appartiendra à l'ayant-droit de s'adresser aux Services financiers du pouvoir judiciaire (finances.palais@justice.ge.ch et +41 22 327 63 20) afin d'obtenir la restitution de valeurs patrimoniales ou le paiement de l'indemnité allouée, ainsi que, sur rendez-vous, au Greffe des pièces à conviction (gpc@justice.ge.ch et +41 22 327 60 75) pour la restitution d'objets.

**Notification à X\_\_\_\_\_\_, soit pour lui son conseil Me** **Loïc PAREIN**

Par voie postale

**Notification à A\_\_\_\_\_\_ SA (SWITZERLAND)****, soit pour lui son conseil Me B\_\_\_\_\_\_**

Par voie postale

**Notification au Ministère public**

Par voie postale
